EXPLOITATION - L’État veut formaliser le secteur aurifère artisanal

Entre exploitation sauvage et tentatives de formalisation, l’État peine à structurer le secteur aurifère, secteur clé de l’économie nationale.

Des mineurs artisanaux à l’oeuvre sur un site aurifère récemment découvert.

L’exploitation artisanale de l’or représenterait près de 80 % de l’activité aurifère nationale. Elle constitue un moyen de subsistance pour de nombreuses familles, mais évolue souvent en marge d’un encadrement structuré.

La ruée vers l’or n’est plus un fait isolé. De Tsiroanomandidy-Ville à Andozoka, en passant par Ranohira, les découvertes de nouveaux gisements déclenchent des mouvements rapides de populations et relancent un secteur déjà fragilisé par des années de flottement administratif.

À Tsiroanomandidy-Ville, un mois seulement après la découverte d’or, près de 700 mineurs artisanaux creusent déjà jusqu’à 12 mètres de profondeur. Tamis, pelles et barres à mine à la main, ils affluent, attirés par l’espoir d’un revenu rapide.

À Andozoka, dans la commune d’Antanifotsy, la situation est plus sensible encore. L’exploitation se développe sur des terres considérées comme ancestrales. Certaines sépultures, dont certaines sans propriétaires identifiés, ont été déplacées par des chercheurs d’or pour permettre la poursuite des fouilles.

Ces scènes tendent à se répéter dès qu’une rumeur de filon circule. La ruée vers l’or s’intensifie, attirant chaque jour de nouveaux mineurs artisanaux vers des sites récemment découverts. Si cette activité constitue un moyen de subsistance pour des milliers de familles, elle échappe encore largement à l’encadrement officiel.

Au niveau local, les communes sont généralement les premières informées lorsqu’un nouveau site apparaît. « Ce sont les renseignements venant de la base qui nous permettent de comprendre la situation et d’évaluer les mesures à prendre », explique une source auprès du comptoir de l’or.

Formalisation

Face à cette multiplication des sites d’exploitation artisanale, l’État tente d’imposer un cadre.

Le ministère des Mines insiste sur une approche progressive. À Ranohira, une mission sur le terrain a permis de fermer des exploitations jugées illégales et de mettre en place des zones d’encadrement.

« La délivrance des permis miniers pour les grandes exploitations est suspendue, mais l’exploitation artisanale reste ouverte. Il faut simplement la formaliser », précise-t-on auprès du comptoir de l’or.

Les petits exploitants, qui utilisent des outils rudimentaires comme le tamis, l’angady ou la barre à mine, ne sont pas soumis au même régime que les grands exploitants équipés de matériels lourds. « Les petits exploitants n’ont pas besoin de permis minier classique. Ils sont intégrés dans des zones d’encadrement, avec un processus de formalisation et de suivi administratif », ajoute la même source.

Du côté du ministère, le message se veut clair : « Il y a des interventions sur tous ces sites. L’objectif n’est pas de fermer systématiquement, mais de cadrer et de formaliser. »

Irina Tsimijaly

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