Un train de marchandises a basculé dans un ravin à Anjiro. Les secours s’efforcent de désincarcérer deux conducteurs piégés dans la locomotive.
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| La locomotive du train de marchandises AD 1802 gît au fond du ravin. |
Un accident spectaculaire s’est produit hier sur la ligne ferroviaire reliant Antananarivo à Moramanga. Vers 2 h 30 du matin, le train de marchandises AD 1802 a chuté dans une vallée encaissée au PK 77+750, à Anjiro, district de Moramanga.
Le bilan officieux fait état de deux morts, tous deux conducteurs. Leurs collègues souffrent de blessures jugées non graves. Au total, huit personnes se trouvaient à bord au moment du drame.
Le convoi, parti d’Antananarivo et à destination de Moramanga, transportait des citernes ainsi qu’un engin de travaux. Après avoir dégagé un premier éboulement, il a été surpris par un nouveau glissement de terrain sous la voie ferrée, fragilisée par les fortes pluies qui se sont abattues sur la zone. Les deux conducteurs malchanceux revenaient d’un examen à Antananarivo et regagnaient Toamasina.
Traumatisé
La locomotive s’est renversée sur un talus boueux, le nez enfoncé dans la terre. Les wagons-citernes sont restés bloqués plus haut sur la voie. Une partie des rails, arrachée par l’éboulement, est désormais suspendue dans le vide.
Les opérations de secours mobilisent cheminots et secouristes, qui s’activent pour déblayer les débris et tenter d’extraire les victimes. Le terrain escarpé et instable, couvert d’une végétation dense, complique les interventions.
L’épouse d’un survivant confie que son mari est encore profondément traumatisé par l’accident et qu’il peine à parler de ce qu’il a vécu. Un autre témoin évoque un conducteur de Moramanga grièvement blessé aux jambes et ajoute : « Nous avons perdu deux amis très proches. C’est un choc immense pour nous tous. Ils étaient encore très jeunes. L’un était célibataire, l’autre marié, sa femme est enceinte. Tous deux habitaient à Toamasina. D’habitude, ils accompagnaient le train d’Antananarivo jusqu’à Moramanga, puis changeaient de convoi pour rejoindre Toamasina ».
Un policier du commissariat spécial chargé du constat a confié, hier, lors de l’opération de sauvetage : « Nous voyons en ce moment même les deux conducteurs dans leur cabine, inertes. Ils sont probablement morts, mais je ne le dis pas encore officiellement, car nous sommes encore en train de les extraire de là ».
Gustave Mparany
