Hier, le Sehatra Maintso Analamahintsy s’est transformé en scène d’espoir. Dans le cadre des actions de plaidoyer en faveur des enfants en conflit avec la loi, un spectacle artistique a réuni des jeunes issus du Centre Av’nir – centre de prise en charge d’enfants – en collaboration avec l’Association Grandir Dignement et l’Akany Avoko Faravohitra. Tous ont un point commun : ils ont connu l’incarcération et portent aujourd’hui un message fort à la société.
À travers la danse, le théâtre et le chant, le slam, ces jeunes ont présenté des prestations artistiques autour du thème « Andao hivoatra » (Allons de l’avant). Plus qu’un simple spectacle, l’événement se voulait un véritable plaidoyer, un moyen d’expression pour ces enfants. L’objectif est clair : briser la stigmatisation qui entoure ces enfants et rappeler qu’ils sont avant tout des mineurs, avec les mêmes droits que tous les autres.
Les organisateurs, dont Herizo Tsarahoby, chargé de plaidoyer, insistent sur un point essentiel : un enfant en conflit avec la loi reste un enfant en situation de vulnérabilité, souvent victime de son environnement. Tôt ou tard, ces jeunes réintègrent la société. D’où la nécessité de faire évoluer les mentalités. Il ne s’agit pas de les étiqueter à vie, mais de reconnaître que la responsabilité est partagée entre la famille, la société et les institutions judiciaires.
Le plaidoyer porté lors de ce spectacle met également en avant l’existence d’alternatives à la détention. L’incarcération ne constitue pas l’unique réponse. Des mesures telles que les travaux sociaux au sein des associations, l’accompagnement éducatif et le suivi personnalisé sont proposés. En parallèle, un travail est mené avec les familles à travers des ateliers afin d’assurer une continuité éducative et de favoriser la réinsertion durable.
Les jeunes bénéficient aussi d’un soutien dans l’élaboration de leur projet de vie, avec un accompagnement adapté à leurs aspirations. La prise en charge concerne principalement les 13 à 18 ans, mais certains anciens enfants en conflit avec la loi, âgés d’environ 20 ans, continuent d’être suivis.
À Madagascar, depuis 2010, l’Association Grandir Dignement, d’origine française, intervient dans plusieurs régions : Analamanga, Boeny, Sava et Diana. Elle travaille en étroite collaboration avec le ministère de la Justice, l’Unicef, l’AFD et l’Union européenne.
À travers « Andao hivoatra », ces jeunes ont démontré que l’art peut devenir un puissant outil de sensibilisation. Leur message est sans équivoque : ne pas stigmatiser, mais accompagner ; ne pas exclure, mais responsabiliser collectivement pour offrir à chaque enfant une seconde chance.
Cassie Ramiandrasoa