RÉFORME - Les PME prennent le devant de la scène

Les petites et moyennes entreprises s’imposent. Le gouvernement lance une réforme pour redistribuer les opportunités économiques et soutenir leur développement.

Un  exemple de petite entreprise de production  de ketchup.

La Grande Île engage une réforme économique afin de passer d’un marché dominé par quelques grandes entreprises à un tissu plus diversifié de petites et moyennes entreprises (PME). Comme l’a expliqué le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo lors d’une émission spéciale sur les chaînes publiques, cette démarche vise à transformer l’économie de rente en une économie plus équitable, tout en redistribuant les opportunités de croissance.

« Il ne s’agit pas de fragiliser les grandes entreprises, mais de créer de la place pour de nouvelles entreprises. Nous voulons remplacer 50 grandes entreprises isolées par 5 000 PME dynamiques. Il faut redistribuer et accompagner le développement des autres entreprises. Il faut soutenir la création de Petites et moyennes entreprises et donner de la place aux toutes petites entreprises. », a-t-il ajouté.

La réforme prévoit également que les grandes entreprises sous-traitent davantage et accompagnent les PME partenaires, plutôt que de tout gérer elles-mêmes. « Nous demandons aux grandes entreprises de ne plus créer de filiales si ce n’est pas nécessaire, mais de partager les opportunités avec les petites entreprises ».

Formalisées et impliquées

Un autre objectif majeur de la réforme est de formaliser les PME, qui représentent aujourd’hui une large part du secteur informel.

 Selon Tiana Rasamimanana, président du Syndicat des Industries de Madagascar (SIM) : « Il faut permettre aux petites entreprises d’entrer dans le formel. Cela leur offre des opportunités de croissance tout en élargissant la base fiscale, aujourd’hui concentrée sur les grandes entreprises ».

 « On ne peut pas créer une grande entreprise du jour au lendemain, il faut des moyens, de la crédibilité et des compétences. Il faut procéder étape par étape, en développant d’abord les petites entreprises. Celles-ci peuvent fournir des matières premières, transformer des produits et s’intégrer progressivement dans le formel».

La réforme prévoit également d’intégrer les PME dans les négociations salariales du secteur privé. Jusqu’ici, seules les grandes structures participaient aux discussions sur la revalorisation des salaires. Désormais, les très petites, petites et moyennes entreprises, représentées par la FOM (Fikambanan’ny Orinasa Malagasy), seront consultées. « Compte tenu du rôle futur des très petites entreprises, elles sont désormais invitées à participer aux discussions, afin d’assurer la continuité économique, notamment sur le plan salarial », précise le Premier ministre.

Pour le SIM, cette redistribution constitue une opportunité pour l’ensemble du tissu économique : « Si les TPE et PME se développent, les grandes entreprises pourront elles aussi se renforcer et développer l’industrie, notamment via la sous-traitance dans les zones franches. Il y a de la place pour tout le monde ». Et d’après lui, « il revient aux responsables de définir un modèle économique adapté à la situation. La concurrence existe toujours entre les grandes entreprises, mais elles peuvent se compléter. Chaque marché a ses propres règles ».

Irina Tsimijaly 

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne