RAVAKA SAROBIDY RANDRIATAHIANA - « Le titre continental fait taire les critiques »

Ravaka Sarobidy Randriatahiana, quel a été votre premier sentiment après ce titre de championne d’Afrique de 3x3 ?

Ce sacre est mon tout premier titre continental. Il m’a procuré un profond sentiment d’accomplissement et de fierté, surtout au regard des difficultés traversées et des avis parfois mitigés autour de ma sélection en équipe nationale. Le résultat est là, et je suis fière d’avoir apporté ma pierre à l’édifice.

En quoi ce titre a-t-il changé votre quotidien, sur et en dehors du terrain ?

Honnêtement, ce dur combat a encore laissé des traces sur moi. Le cumul de la fatigue et des blessures fait que je n’ai pas encore eu l’occasion de retoucher un ballon depuis la finale. En dehors du terrain, même si je reste de nature réservée, ce titre m’a permis de créer de nouveaux liens, notamment avec des supporters très engagés et des passionnés de basketball.

Comment votre famille et vos proches ont-ils vécu cette victoire historique, en particulier votre mari ?

Ce n’est pas une surprise, mais une suite logique pour mon entourage. Le basketball est très présent dans la famille. Cette victoire a suscité beaucoup de fierté chez les aînés et de l’admiration chez les plus jeunes. Mon mari, qui m’a accompagnée comme préparateur tactique et physique avant l’Africa Cup, aurait parfois souhaité plus d’initiatives individuelles de ma part. Il n’a pas caché son mécontentement face à mon choix de privilégier le collectif au détriment d’exploits individuels. Mais le titre continental reste une immense fierté pour toute la famille.

Quels objectifs vous fixez-vous pour la suite de votre carrière ? Peut-on envisager une carrière professionnelle à l’étranger ?

On ne peut pas prédire l’avenir. Pour le moment, je suis satisfaite de mon club, la GNBC, que je remercie pour tout son soutien. J’en profite également pour dédier cette victoire à mon club.

Comment parvenez-vous à concilier vie personnelle, vie professionnelle et sport de haut niveau ?

Sur le plan personnel, l’équilibre s’est installé naturellement. Professionnellement, j’évolue au sein d’un service dédié aux athlètes à la Gendarmerie nationale, ce qui facilite beaucoup cette conciliation.

Si vous pouviez améliorer un aspect du basketball ou du sport à Madagascar, que changeriez-vous en priorité ?

Je fais confiance à la Fédération malagasy de basketball, qui œuvre déjà activement pour le développement de notre discipline. De manière plus globale, à Madagascar, le sport n’est pas encore reconnu comme une véritable activité professionnelle, ce qui limite grandement l’immersion totale des athlètes dans leur pratique respective. Cet état de fait semble donner raison aux parents, soucieux de l’avenir de leurs enfants, de prioriser les études en limitant, voire en interdisant complètement, la pratique du sport. Sur ce point, j’encourage toutefois les jeunes à ne jamais abandonner leurs rêves, à faire preuve de résilience et à viser l’excellence à la fois dans le sport et dans les études grâce à une bonne gestion du temps.

Donné Raherinjatovo

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