Rien que la semaine passée et le week-end dernier, Antananarivo a encore été le théâtre d’une série de violences qui montrent à quel point l’insécurité a repris le dessus.
À Anosibe, un adolescent de 14 ans a été attaqué par une bande armée de couteaux en rentrant de son entraînement samedi. Il s’est effondré chez lui, couvert de sang, inconscient, incapable de reconnaître sa propre famille. Le 8 janvier, les riverains de 67 Ha Sud ont découvert le corps d’un étudiant de l’Inscae. Il aurait été tué pour son scooter, retrouvé dans un couloir réputé dangereux.
Deux jours plus tôt, un couple de Français en vacances a été pris pour cible dans une rue de la capitale. L’homme, Dominique Vérité, est mort sous les coups ; sa femme, grièvement blessée, a dû être évacuée vers La Réunion. Le frère de cette dernière, lui aussi blessé, doit être hospitalisé.
Trois drames en quelques jours, trois quartiers différents, trois profils de victimes (adolescent, retraité étranger, étudiant), mais une même constante. La capitale est devenue un terrain de chasse pour les malfaiteurs.
Ce constat est d’autant plus alarmant que la population espérait un retour à la sécurité totale depuis que le pouvoir est entre les mains des militaires. La réalité est cruelle. L’insécurité ne recule pas, elle s’aggrave. Lors de la manifestation Gen Z, du 25 septembre au 11 octobre 2025, l’insécurité figurait déjà parmi les principales causes du mouvement. Trois mois plus tard, les faits divers montrent que rien n’a changé.
Locaux comme étrangers sont concernés. Les habitants expriment une inquiétude croissante au quotidien et les étrangers, souvent perçus comme des relais importants pour le tourisme, subissent eux aussi des actes de violence et d’agression. Il devient nécessaire d’alerter les décideurs. L’insécurité fragilise la cohésion sociale et affecte l’image internationale du pays. La confiance des habitants s’érode, des familles sont touchées, des jeunes se mobilisent, et le secteur touristique en subit déjà les conséquences. Il ne s’agit plus de cas isolés, mais d’une situation préoccupante à l’échelle nationale.
Les autorités communiquent régulièrement sur la situation, mais les actions engagées restent perçues comme ponctuelles et leurs effets concrets demeurent limités. La capitale peine à contenir ces cas d’agressions et, sans réponse rapide et coordonnée, la situation risque d’être critique.
Gustave Mparany