BUSINESS WEEK - Débats sur l’accès au financement des jeunes

Sept thèmes ont été au menu lors des conférences organisées à Toliara. Le financement des projets portés par les jeunes s’est démarqué.

Lors d’un débat organisé au cours du Business Week.

L’engouement des jeunes pour l’entrepreneuriat s’est fait ressentir ces sept dernières années. C’est ce qui a été souligné durant les panels organisés dans le cadre de l’événement « Atsimo Andrefana Business Week » à Toliara. Des jeunes diplômés de la région ont créé des entreprises de transformation agro-alimentaire, de production audiovisuelle, d’artisanat et des spécialistes en digital. 

Pour la plupart, ces jeunes ont bénéficié d’un soutien financier de programmes tels que le Pôle intégré de croissance (PIC) ou de projets ministériels pour démarrer leurs activités. Cynthia Lapamiarisoa, à la tête de la structure d’incubation « Saramba Initiative », basée à Toliara, l’une des panélistes dans le thème : « Femmes leaders et jeunes entrepreneurs : les nouveaux visages de l’économie régionale », explique que des jeunes initiatives émergent, mais restent encore insuffisants. 

« Depuis l’existence de Saramba Initiative en 2021, nous avons formé près de mille jeunes et incubé soixante-dix femmes. Les idées fleurissent et la plupart sont bonnes et peuvent soutenir l’économie régionale. Des femmes, jeunes et moins jeunes, sont très motivées à se lancer dans l’entrepreneuriat. Nous les accompagnons jusque dans l’élaboration des business plans. Mais ces jeunes et ces femmes n’ont pas de ressources financières par la suite pour les démarrer. Et c’est très dommage », explique Cynthia Lapamiarisoa. 

Coup de pouce

Une autre jeune femme a également témoigné de ses difficultés à concrétiser son projet. N’ayant ni fréquenté de grandes écoles ni grandi dans une famille aisée, elle explique avoir dû travailler tout en cherchant les moyens de financer son initiative. « Je devais travailler pour de nombreuses raisons. Je n’avais ni les compétences ni les ressources pour démarrer ce que j’avais en tête. J’ai dû galérer pendant des mois et je continue de chercher des fonds pour réellement commencer ce que j’ai en tête. Pour l’heure, je travaille encore chez une tierce», s’est-elle exprimée publiquement.

« Nous aimerions être soutenus dans ce que nous faisons déjà, par des partenaires ou par les pouvoirs publics. Est-il possible de sentir l’implication des gouvernants dans nos activités ? Ne serait-ce que nous emmener dans un autre pays pour un voyage d’immersion, comme ce qu’a fait le président américain Trump pour des jeunes de son pays. C’est déjà un grand coup de pouce », a lancé Gaël Mamonjy, jeune co-fondateur de l’entreprise « Raiky», spécialisée dans le digital, et également coach et formateur de jeunes.

Ce dernier s’est adressé au ministre de la Jeunesse et des Sports, Alain Désiré Rasambany, panéliste sur le thème : « Toliara 2030 : Faire de l’Atsimo Andrefana une destination d’excellence ». Au ministre de reconnaître que l’accès au financement reste problématique. « Des jeunes, des associations de jeunes, des femmes dans tout le pays demandent tous à avoir accès à des financements pour créer des entreprises. La demande est énorme. Le ministère de la Jeunesse et des Sports n’a pas assez de ressources pour le faire. Il y a des programmes comme la Confejes qui offrent des opportunités, mais le nombre des bénéficiaires est très limité vu qu’ils proviennent de toute l’Afrique », explique le ministre.  À lui de révéler également que le mécanisme de financement provenant de l’extérieur se heurte « à la disparité des lois votées et mises en vigueur par nos politiques mêmes ». 

« Des bailleurs viennent proposer le financement de projets intéressants comme des complexes sportifs et autres, mais il est quasi-impossible de transférer les fonds au vu de la loi actuelle », souligne le ministre. 

 Mirana Ihariliva

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