Le forum régional sur le climat et le genre à Toliara a vu la participation de représentants de la communauté Mikea. Ils ont eu droit à la parole.
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| Photo de famille avec les représentants des Mikea et les organisateurs du forum régional pour une justice climatique à Toliara. |
Ils sont venus dans leur tenue traditionnelle. Des représentants de la communauté Mikea, peuple de la forêt habitant la partie nord de la région Atsimo Andrefana, dans le district de Morombe, ont participé au forum régional sur le climat et le genre, organisé à Toliara. C’était vendredi dernier, dans un hôtel de la cité du Soleil, où une centaine de personnes issues d’associations de jeunes, de femmes, de la société civile, de personnes vivant avec un handicap ainsi que des autorités étaient réunies.
« C’est une grande rencontre entre les acteurs de la région Atsimo Andrefana, notamment les femmes et les jeunes, portant sur le changement climatique et la justice climatique. C’est ainsi un moment d’échanges sur le contexte, les défis et les solutions envisageables à mettre en œuvre dès maintenant et à court terme face aux problématiques de la région Atsimo Andrefana », explique Anja Radoharinirina, coordinatrice du consortium Aika, réunissant des entités œuvrant pour la protection de l’environnement face au changement climatique.
Les effets du changement climatique et de la déforestation rendent de plus en plus difficile l’accès à la nourriture pour les Mikea. « La forêt est notre mère, la source de notre nourriture, notre médecine. Quand nous tombons malades ou lorsque nos femmes accouchent, nous utilisons les ressources de la forêt », explique Mbohovelo Raoely, dit Tsivahora, représentant de la communauté Mikea.
Impacts
La communauté Mikea dit avoir accepté de participer au forum afin de pouvoir être entendue et de témoigner de sa manière de vivre face notamment à la sécheresse et à la déforestation. « Les femmes doivent aller loin pour trouver de l’eau, car les sources tarissent. Nous sommes limitées dans l’accès aux ressources », ajoutent les Mikea.
« Les Mikea sont invités car c’est une communauté très riche culturellement, qui tient beaucoup à sa culture et à son mode de vie. Cette richesse culturelle est à préserver et le forum vise, entre autres, à trouver des solutions face au changement climatique », ajoute Anja Radoharinirina.
Les femmes ont été au cœur des discussions lorsque la représentante de l’entreprise ArtLanto Design a, entre autres, souligné que les femmes sont davantage vulnérables lorsqu’elles manquent de diplômes. « Une réalité constatée auprès de nos artisanes de jonc de mer », souligne Lanto Rakotoarivelo.
« Les effets des gaz à effet de serre doivent être davantage vulgarisés », a proposé une technicienne du froid.
L’association Saramba Initiative a présenté des serviettes hygiéniques lavables, dont l’usage pourrait également être encouragé afin de réduire l’impact environnemental des serviettes jetables. Les activités de Honko Salama, organisation spécialisée dans la conservation durable des écosystèmes, axées sur la stabilisation des dunes, ont également été détaillées. Une activité qui contribue à la lutte contre l’ensablement et à la protection des mangroves, habitat des crevettes, des crabes et d’autres espèces marines.
Il a été conclu que beaucoup reste à faire pour retrouver un équilibre entre l’homme et son environnement.
Mirana Ihariliva
