Le mystère reste entier. Le président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina a infligé un cuisant camouflet au précédent régime. Il a affirmé dimanche sur le plateau de la TVM, que la mort d’une trentaine de jeunes invités à un anniversaire est bel et bien due au botulisme. Même s’il était formel à ce sujet, il s’est demandé s’il s’agissait d’un botulisme ou d’un botulisme d’origine naturelle ou d’une arme biologique. Les résultats de l’enquête désormais confiés aux experts russes en diront certainement davantage. Mais l’affaire se complique, étant donné que toutes les traces susceptibles de donner des indices sur cette hécatombe ont disparu 1 an après le drame.
L’ancien régime a refusé catégoriquement la thèse d’un botulisme préférant celle d’un empoisonnement à la substance atropine contenue dans le datura et la belladone. L’ancien président Andry Rajoelina avait fait une véritable exégèse sur cette affaire pendant plus d’une heure.
À qui profitait donc le crime ? Même le colonel Michaël Randrianirina se pose la question. Pourtant, l’ancien régime n’a jamais voulu procéder à une autopsie des victimes, des prélèvements des aliments incriminés ou des aliments retenus dans l’estomac de ceux qui ont succombé ? Pourquoi les analyses faites dans un laboratoire de Strasbourg ont été bâclées avec des conclusions farfelues ?
Et l’évacuation sanitaire à l’étranger de ceux qui restaient encore sous traitement a été refusée jusqu’au bout par le pouvoir, alors que certains témoignages des victimes affirmaient qu’on avait interdit aux médecins de prescrire les médicaments idoines aux malades.
Qu’avait à gagner l’ancien régime en voulant étouffer coûte que coûte la vérité ? Il est clair qu’un enjeu important était en cause. On ignore s’il s’agissait de la protection d’un illustre personnage, d’un produit particulier qui aurait pu être la cause du botulisme. Le fait est que le drame est devenu une affaire d’État. Le procureur et quelques ministres sont montés au créneau pour faire l’avocat de l’État. Un ministre a même pris fait et cause en faveur d’un industriel privé dont un produit a été dénigré sur les réseaux sociaux. Et l’État n’a guère daigné ni accordé une minute de silence en hommage aux victimes ni déclaré un deuil national de 24 heures pour montrer sa compassion.
Tout cela est louche, douteux et laisse les proches des victimes perplexes. Ils continuent de réclamer la vérité sur cette affaire pour en avoir le cœur net et pour pouvoir faire le deuil de leurs enfants arrachés à la vie de manière brutale et cruelle.
On espère que les enquêtes vont apporter un éclairage sur ce « crime » qui a secoué tout le pays et que, pour une fois, les coupables seront démasqués. Tant de meurtres, de disparitions accidentelles, d’assassinats ou d’exécutions sommaires sont restés impunis. Jusqu’ici, le seul coupable est le robotulisme. C’est lui qui commande les cyberattaques. Élémentaire.
Sylvain Ranjalahy