Identités non remarquables

Médiocre sinon plus. Voilà ce qui résume la prestation des Barea face au Maroc mardi en match amical. Le match s’est soldé par une défaite de 0 à 4 que d’aucuns trouvent normal face à un demi-

finaliste du Mondial et huitième au classement de la FIFA. Ce n’est pas fait mais c’est la prestation des Barea qui indigne les férus de football. Ils s’attendaient de voir l’identité de l’équipe malgache, quart de finaliste de la CAN 2019 et vice-championne du Chan 2025. La prestation des Barea et surtout sa qualité de jeu ont été alors saluées de par le monde. Ensuite, c’est la traversée du désert et des changements au niveau de l’encadrement. 

La période de vache maigre semble persister à en juger ce lourd revers face aux Marocains. L’entraîneur allègue des excuses faciles et met le naufrage sur le compte de la précarité de la préparation. Mais on ne peut pas faire autrement et c’est le cas de toutes les équipes du monde. Elles ont six jours au plus pour préparer un match conformément aux fenêtres de la FIFA, là où toutes les compétitions s’arrêtent.

Les Barea ont offert une prestation fantomatique, une équipe amorphe sans enthousiasme, sans aucune motivation. Le défenseur prenait l’eau dès le début du match, l’entre jeu est incapable d’aligner trois passes et animer la phase offensive. Les attaquants étaient l’ombre de leur ombre. Pourtant, l’équipe n’avait rien à perdre étant donné la valeur de l’adversaire. Au contraire, c’était une occasion de tenter quelque chose. Mais c’était impossible avec l’effectif de Corentin Martins et la formation alignée. Quand on recrute un gardien de la 5e division française comme renfort dans les buts, on comprend tout. Il y avait pourtant des gardiens qui ont fait leurs preuves comme Sonny Laiton ou Adrien Melvin. Ce n’est pas dans ce domaine que les Barea ont des problèmes. C’est dans les autres compartiments du jeu que les joueurs alignés n’étaient pas à la hauteur ou n’avaient pas seulement le niveau nécessaire pour évoluer face à une équipe de cette trempe. 

Il a fallu attendre la rentrée de El Hadary et Loïc Lapoussin pour que l’attaque s’anime un peu avec la seule occasion des Barea à la dernière minute. 

Les joueurs en forme qui font leurs preuves dans des championnats étrangers à l’image de Njiva, Tsiry Kely, Ilaimaharitra, Fenohasina, Jean Yves, Berajo….ont été royalement ignorés par le coach au profit de joueurs qui n’ont ni des qualités techniques exceptionnelles ni le dynamisme et la vivacité propre aux joueurs malgaches.

Aucun tir, aucune attaque, aucune occasion exceptée celle de la dernière minute. Une cruelle pauvreté de jeu et aucune tentative offensive. Il y a des défaites dont on n’a pas honte face à une équipe du niveau du Maroc, mais celle-là est à classer parmi les pires performances des Barea aussi bien à travers le score qu’avec le jeu fourni. 

Pour tout dire, il n’y a pas lieu de se faire d’illusion aux éliminatoires de la CAN 2027 avec une telle équipe. On commence avec le Nigeria qui reste un sacré client malgré son élimination en barrage du Mondial 2026 par la RD Congo. On a une entrée en matière qui s’annonce corsée. La qualification se joue entre les Barea et les Super Eagles alors que la Tanzanie, pays organisateur est qualifié d’office et la Guinée Bissau fait figure de faire valoir. 

On a trois mois pour se ressaisir avant la première journée des éliminatoires le 21 septembre suivie de la deuxième le 6 octobre. 

Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis après plusieurs cuisants échecs. On ne peut pas espérer avoir de meilleurs résultats avec une méthode défaillante et des choix controversés. Le seul but est la qualification. 

Sylvain Ranjalahy

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