Train de vie

Le prix des carburants a subi une hausse alors que l’on croyait que la guerre au Moyen-Orient ne nous concernait pas, étant donné que le tanker qui nous approvisionne passe par Oman et non par le détroit d’Ormuz. Une déception d’autant plus grande que le gouvernement vient de prolonger l’état d’urgence énergétique. Visiblement, l’État s’est plié à la mise en garde du Fonds monétaire international quant aux conséquences inévitables de ce gel des prix des carburants. À se demander si le prix gardera son niveau actuel après la livraison d’un tanker annoncé ce jour à Toamasina.

Cette mesure déroge d’ailleurs aux engagements pris par le précédent régime pour pouvoir bénéficier des mannes des bailleurs de fonds, en particulier le Fonds élargi de crédit et le Fonds pour la résilience et la durabilité. La dernière mission du FMI fera son rapport au board de ce bailleur de fonds lors de son assemblée générale. Mais qu’à cela ne tienne. La Banque mondiale vient d’accorder un pactole de 455 500 000 000 d’ariary pour le réseau de transport routier, ferroviaire et maritime. Une véritable bouffée d’air frais pour le développement, étant donné le rôle joué par le transport ferroviaire dans l’acheminement des passagers et des marchandises. Une rénovation qui aurait dû être faite par Madarail depuis vingt ans, mais on sait ce qui s’est passé avec le micmac et les différents montages financiers qui ont fait capoter le projet.

Mais avec ou sans les bailleurs de fonds, le pays ne se porte pas si mal, à en juger par les subventions de 50 millions d’ariary pour chaque fokontany à Toliara, les vivres distribués à Antsirabe, la délégation de jeunes techniciens de l’information numérique en Russie. Seuls les athlètes devant participer aux championnats d’Afrique semblent oubliés.

En attendant de revoir, non sans un infini plaisir, la ligne Tananarive-Côte Est, une autre menace guette le tourisme et les correspondances aériennes. Pour le moment, on est épargné par les vicissitudes de cette guerre au Moyen-Orient. Autant Vladimir Poutine pensait en finir avec les Ukrainiens en un mois, autant Donald Trump s’est enlisé dans le bras de fer avec l’Iran. Il cherche à tout prix une porte de sortie, mais l’Iran ne se laisse pas faire. Et si les approvisionnements en carburant s’effectuent cahin-caha, ceux en kérosène subissent de grosses difficultés. Les annulations de vols se font par centaines tous les jours sur tous les continents, faute de kérosène. En quelques jours, les déficits de certaines compagnies aériennes se chiffrent en centaines de millions de dollars. Et les vols annulés concernent, pour la plupart, les grandes destinations. Autrement dit, les grandes compagnies ne vont pas se gêner pour supprimer des destinations sociales ou accessoires. Ce qui portera un sacré coup au tourisme et également aux déplacements à l’intérieur du pays. Avec l’état des routes nationales, le transport aérien reste le dernier salut. Mais si, par malheur, la crise du kérosène s’étend jusque dans la région, même les approvisionnements en produits alimentaires et surtout en médicaments, sans oublier les autres marchandises comme les pièces, les consommables, les matériaux de construction et même les… cure-dents, poseront problème. Peut-être que Tsimiroro pourrait apporter la solution divine. Pourquoi pas après tout. À la guerre comme à la guerre. C’est le cas de le dire.

Sylvain Ranjalahy 

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