![]() |
| Des musulmans transportant un mouton offert en sacrifice. |
Les fidèles musulmans ont célébré la Tabaski à travers des rassemblements marqués par les sacrifices rituels et les actions de partage. Familles, particuliers et associations locales ou internationales ont participé aux célébrations de cette grande fête religieuse.
Le parvis de la mosquée des 67 Ha a connu une forte affluence hier, à l’occasion de la célébration de l’Aïd al-Adha, plus connue sous le nom de Tabaski. Dès les premières heures de la matinée, les fidèles se sont rassemblés pour la grande prière avant de procéder aux sacrifices rituels, parfois directement dans l’enceinte de la mosquée.
« D’habitude, notre compteur affichait trois moutons sacrifiés. Cette année, on passe à cinq », explique Mohamad Moussa Angelo, président de l’association Mouvement social islamique de Madagascar, mobilisé dans l’organisation des sacrifices près de la mosquée des 67 Ha.
Certaines associations évoquent des opérations d’une ampleur plus importante encore. « Nous avons mille bêtes à gérer. C’est un projet mené avec une association à l’étranger », affirme Ramy, un fidèle musulman. Selon plusieurs responsables associatifs, de plus en plus de musulmans vivant à l’étranger notamment à Maurice, en Turquie, au Qatar, à Dubaï, en Arabie saoudite ou en France — choisissent de faire réaliser leurs sacrifices à Madagascar en envoyant des fonds à des structures locales chargées de l’achat et de l’immolation des animaux.
Tradition
« À l’étranger, ces animaux sont rares et coûtent cher », explique un membre du Fikambanan’ny Silamo Malagasy (FSM). « Pour 150 euros, on n’a parfois qu’un seul animal là-bas, alors qu’ici, il coûte environ 50 euros », poursuit-il.
Dans la tradition musulmane, la fête commémore le sacrifice d’Ibrahim, prêt à immoler son fils Ismaël par obéissance à Dieu avant d’être arrêté, selon le récit religieux, par l’archange Gabriel, qui substitua un mouton à l’enfant.
Le début des sacrifices a été donné après la prière de l’Aïd. Avant chaque immolation, des fidèles entonnaient « Allahu Akbar », formule de glorification divine. « C’est une louange pour remercier Allah », explique Mohamad Moussa Angelo. Les fidèles disposent ensuite de trois jours pour accomplir ce rite religieux.
Comme chaque année, les abattoirs et marchés spécialisés ont enregistré une forte activité. À Anosizato, plusieurs acheteurs privilégiaient la taille et l’état des animaux. « Finalement, on va échanger le bouc de 42 kg qu’on avait pris au début contre celui-ci de 45 kg », lance Ahmad à une responsable de ferme-abattoir, en réglant la somme de 296 000 ariary.
Lors du sermon prononcé à l’occasion de la fête, les imams ont insisté sur la dimension spirituelle du sacrifice. « Offrez en sacrifice ce que vous avez de plus beau, et non une bête chétive ou maigre», a rappelé l’un d’eux.
Une fois le rituel accompli, la viande est traditionnellement partagée entre proches, voisins et personnes en situation de précarité.
« La viande est divisée pour être offerte aux proches, aux voisins, même aux personnes de confessions différentes, et surtout aux plus nécessiteux », souligne Mohamad Moussa Angelo.
Miangaly Ralitera
