PRESSE - Malina met à l’honneur le journalisme d’investigation

La 8e édition du « Grand Prix Malina » s’est tenue samedi à Antaninarenina avec le lancement de « Malina le Mag » et du Réseau des journalistes d’investigation de l’océan Indien (RJIOI).

Les récipiendaires du Grand Prix Malina sur la corruption 2026.

Sous le parrainage de l’Union européenne et d’Internews, la remise des prix de la huitième édition du « Grand Prix Malina » s’est tenue samedi à la Cité des Cultures d’Antaninarenina. L’événement a également été marqué par le lancement officiel du cinquième numéro du magazine « Malina le Mag » ainsi que du Réseau des journalistes d’investigation de l’océan Indien (RJIOI), en marge d’un débat consacré aux nouveaux médias.

Trois distinctions ont été décernées lors de cette édition 2026 afin de récompenser des travaux remarquables pour leur rigueur, leur qualité narrative et leur contribution à l’information d’intérêt public.

Le prix du meilleur article d’investigation anti-corruption a été attribué à Harynah Ramanantsoa, tandis que Vahaniaina Mbolatiana Rambolarison  a été récompensée pour la meilleure enquête tous thèmes confondus. Dans la catégorie meilleure vidéo d’investigation anti-corruption, le prix a été décerné à Nadia Raonimanalina, Germain Andrianalitiana et José Sitrakiniaina.

Classé 115e en 2025, Madagascar gagne dix places dans le classement sur la liberté de la presse 2026 de Reporters sans frontières. Malgré cette progression, l’accès à l’information reste un défi majeur pour les journalistes. La loi sur l’accès à l’information à caractère public, attendue depuis 2016, n’a toujours pas été adoptée, limitant ainsi leur capacité à enquêter et à dénoncer les pratiques de corruption au sein de l’administration publique.

« Dans cette lutte contre la corruption, deux éléments sont essentiels : l’accès à l’information pour tous et la liberté pour les journalistes de travailler sans entrave. D’où la nécessité de promouvoir l’adoption de la loi sur l’accès à l’information à caractère public, qui ne bénéficie pas seulement aux journalistes, mais aussi à l’ensemble des citoyens. », souligne Mialisoa Randriamampianina, directrice exécutive de Transparency International.

Défis

Dans un contexte où l’information circule à grande vitesse, le journalisme d’investigation se distingue par son exigence de rigueur et de patience. Le magazine « Malina le Mag » s’inscrit dans cette démarche en mettant en lumière les cas de corruption et les dysfonctionnements au sein de l’administration publique.

« L’investigation ne relève ni de la précipitation ni du bruit médiatique. Elle repose sur un travail discret et méthodique : recherche, vérification, recoupement des sources et collecte de preuves. Elle exige également une présence sur le terrain et une analyse approfondie des zones d’ombre », explique Fah Andriamanarivo, rédacteur en chef du magazine.

À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, un débat sur la démocratisation de l’information à travers les réseaux sociaux a réuni journalistes, acteurs de la société civile, formateurs aux médias et créateurs de contenu. Dans un paysage médiatique en pleine mutation, une question centrale a émergé : « À l’ère des réseaux sociaux, qui détient réellement le pouvoir de l’information ? »

Sarobidy Ihariana et  Tracy Possenti 

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