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| Une première réunion de concertation organisée à l’Académie malgache de Tsimbazaza, hier. |
Le nombre d’universités privées ne cesse d’augmenter à Madagascar. « Il existe plus de deux cents universités privées, majoritairement orientées vers les filières paramédicales », a indiqué le professeur Angelo Raherinirina, directeur général de l’enseignement supérieur, lors de la première réunion de concertation tenue hier à l’Académie malgache de Tsimbazaza. Cette rencontre, organisée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique avec les responsables du secteur privé, vise à améliorer la qualité de l’enseignement supérieur.
Dans le cadre de l’application des réglementations en vigueur, le ministère a effectué des inspections auprès des établissements d’enseignement supérieur privés. Trois principaux critères sont évalués : la qualité de l’enseignement, la gouvernance et les infrastructures. Ces contrôles, effectués directement sur le terrain, ont révélé que certains établissements ne respectent pas les normes établies, et que certains délivreraient même des diplômes non reconnus légalement.
« L’objectif du ministère n’est pas d’imposer des sanctions de manière autoritaire, mais plutôt de rappeler les règles, d’identifier les dysfonctionnements et de recueillir les avis des différents acteurs », poursuit le directeur général de l’enseignement supérieur. Avant toute décision de fermeture, une mise en demeure est d’abord adressée aux établissements concernés. En l’absence de mesures correctives, des sanctions pouvant aller jusqu’à la fermeture peuvent être appliquées.
Habilitation
De manière générale, l’université repose sur deux missions fondamentales : la formation et la recherche. L’évaluation porte ainsi sur la qualité de l’enseignement, les qualifications des enseignants et l’adéquation entre leurs spécialités et les cours dispensés. La gouvernance et la politique de recherche sont également examinées, notamment la capacité des établissements à mener des activités de recherche structurées.
Les établissements privés occupent une place importante dans le système universitaire malgache. Ils sont aujourd’hui environ deux cents, contre seize universités publiques et régionales.
La rencontre d’hier vise à renforcer la collaboration et à améliorer la qualité de l’enseignement supérieur dans le pays. Le professeur Ndaohialy Manda-Vy Ravonimanantsoa, ministre de l’Enseignement supérieur, a rappelé que les secteurs public et privé sont complémentaires et partagent une responsabilité commune dans la formation des jeunes. Il a également souligné que cette rencontre constitue une première étape et que le dialogue se poursuivra.
Selon le professeur Angelo Raherinirina, l’objectif principal est de disposer d’universités capables de répondre aux besoins de développement du pays.
Les discussions ont notamment porté sur l’« habilitation », autorisation renouvelable tous les cinq ans pour l’ouverture d’un établissement, ainsi que sur l’« accréditation », qui certifie la conformité aux normes de qualité et est demandée un an après l’obtention de l’habilitation. La mise en place d’une structure regroupant les universités privées a également été évoquée afin de faciliter les échanges d’informations et la coordination avec le ministère.
Les participants ont exprimé leur satisfaction et espèrent que cette initiative contribuera à renforcer et dynamiser le secteur de l’enseignement supérieur à Madagascar.
Mialisoa Ida
