Zo Rakotomavo, directeur de Recherches et développements hydrométéorologiques, a alerté sur l’intensification de la pollution à Antananarivo.
Comment a évolué la qualité de l’air chez nous au cours des dernières années ?
La surveillance continue de la qualité de l’air n’a été mise en place de manière régulière qu’à partir de 2021, à Madagascar. Les premières observations ont révélé l’existence de pics de pollution entre les mois de septembre, octobre et novembre. Les mesures montrent que ces pics tendent à s’intensifier progressivement. Ils peuvent également apparaître plus tôt et ne sont pas strictement limités à cette période.
Comment se manifeste cette intensification des pics de pollution de l’air ?
Nous avions frôlé le seuil « très malsain » lors de la saison des feux à la fin de 2025. Le pic observé lors de cette dernière saison a atteint sept fois la valeur normale. Cela signifie que la concentration de particules fines a dépassé 100 microgrammes par mètre cube. Si ce taux est dépassé, même de peu, l’air est considéré comme « très malsain », ce qui signifie que tout le monde, sans exception, est exposé à des effets graves sur la santé, les personnes vulnérables étant encore plus à risque. Jusqu’à présent, nous constatons une qualité de l’air « mauvaise pour tous ». Et pourtant, même à ce niveau, le ciel s’assombrissait déjà en pleine journée.
Quelles en sont les causes?
Ces périodes de pic coïncident directement avec la saison des feux de brousse. Lorsque les pluies tardent à arriver, notamment en novembre ou en décembre, ces pics de pollution durent plus longtemps. À la fin de l’année 2025, la situation a été relativement favorable, car les pluies ont commencé plus tôt, dès le mois de novembre, ce qui a permis de limiter la durée des épisodes de pollution. Cependant, même dans ce cas, le niveau de pollution reste élevé.
C’est pourquoi une collaboration étroite est engagée avec le ministère de l’Environnement et du Développement durable, afin de trouver des solutions face aux feux de brousse, qui constituent la principale source de pollution saisonnière. Par ailleurs, la pollution liée aux véhicules est présente tout au long de l’année. Le nombre de motos étant en constante augmentation, une coopération est également menée avec la direction de la Sécurité routière de la Gendarmerie nationale, notamment pour le contrôle technique des véhicules et les actions de sensibilisation.
Douze nouveaux capteurs d’air sont à votre disposition. À quoi vont-ils servir ?
L’acquisition de ces nouveaux capteurs permettra de renforcer notre réseau d’observation pour la surveillance de la qualité de l’air. Nous en disposions de sept avant l’arrivée de ces nouveaux capteurs. Ils se trouvent à Ambohidahy, à Andraharo, à Amboditsiry, à Ambatobe, à Ampandrianomby, à Antsakaviro et à Soanierana. L’ambassade des États-Unis en dispose également à Andranomena. Et l’un des nouveaux capteurs a été installé à Andralanitra. On constate immédiatement que le taux de pollution de l’air y est nettement plus élevé que dans les autres quartiers
Miangaly Ralitera
