Cri d’alarme et ras-le-bol ! Les opérateurs touristiques dans la cité des Fleurs haussent le ton face à l’état exécrable et désastreux de la Route nationale reliant Mahajanga à la capitale.
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| Cette portion de la route nationale dans le fokontany d’Ambatofotsy à Maevatanàna vient d’être réparée mardi dernier. |
La situation est particulièrement critique entre Mahajanga et Ambondromamy, notamment à Maevatanàna, où les détériorations s’aggravent sur certains tronçons ayant fait l’objet de travaux de scarification, en particulier entre Mahajanga et Ambovondramanesy.
Le trajet de 55 km est effectué en deux heures, alors qu’on devrait le réaliser en moins d’une heure auparavant. Pour rejoindre la capitale, il faut aujourd’hui prévoir jusqu’à 16 heures de trajet. Le chantier est délaissé sur cette partie de la route où la chaussée en asphalte a été grattée sans aucune raison. Les responsables ont déserté les lieux depuis.
« La Route nationale n°4 (RN4) est complètement dégradée. Une cinquantaine de kilomètres de bitume ont été grattés entre le croisement de Betsako et Ambovondramanesy et les travaux ne sont toujours pas terminés. De nombreux kilomètres sont encore en cours de réfection le long de cette nationale. Ce ne sont plus des nids-de-poule qu’on observe mais des cratères. C’est inadmissible. Les taxis-brousses et tous les usagers de la route en souffrent. Des taxes, par le biais du Fonds routier, ont été prélevées mais on ne constate aucune évolution de l’état de la route », a clamé un opérateur économique.
Menace
« Nous exploitons cette route depuis plus de 25 ans, mais aujourd’hui la coupe est pleine. L’économie est bloquée, car la menace de ne plus recevoir de touristes venant des autres régions par voie terrestre nous attend. L’état catastrophique de la nationale décourage tout le monde. On accuse des pertes financières, l’usure des véhicules n’est plus à prendre en compte. Le danger guette aussi sur la route, car l’insécurité règne dans les parties très endommagées. Les bandits de grand chemin opèrent souvent sur ces tronçons. Cette situation met également la population en danger. On craint une hausse du chômage si les responsables ne prennent pas immédiatement des décisions. Des milliers de familles vivent et dépendent du secteur du tourisme. À l’approche des vacances de Pâques, nous lançons un appel pressant aux autorités et responsables », a soutenu le vice-président du conseil d’administration de l’Office national du Tourisme de Madagascar (ONTM), Eric Nirina Razafimaitra.
Le pire cauchemar des conducteurs se situe en plein centre-ville de Maevatanàna, dans le fokontany d’Ambatofotsy, passant devant une station d’essence jusqu’à la sortie de la ville en direction d’Antananarivo. Face à une cavité importante au milieu de la chaussée, les véhicules particuliers et les bajajs ont longtemps effectuer un détour plus haut pour rejoindre la sortie auparavant.
À titre de mesure provisoire, l’intérim du chef de la région Betsiboka, en collaboration avec le directeur régional des travaux publics et le directeur des transports de Betsiboka, a décidé d’engager des travaux de réparation d’urgence mardi dernier.
« Des travaux provisoires ont été réalisés, et la circulation est désormais ouverte à tous les véhicules. Une demande d’exécution des travaux de réhabilitation de cette tranche est déjà envoyée auprès des concernés », a déclaré l’intérimaire.
Vero Andrianarisoa
