Une certaine impatience est palpable au sein de l’opinion publique dans l’attente du nouveau gouvernement. Des dossiers urgents attendent d’autant plus les futurs ministres.
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| Les ministres sélectionnés par le Chef de l’État et le Premier ministre devraient être connus incessamment. |
Cela devrait se faire rapidement. » C’est la réponse de Mamitiana Rajaonarison, Premier ministre, au sujet de la composition de son équipe gouvernementale. Une réponse qu’il a donnée à la presse, en marge de sa prise de fonction, lundi, au palais d’État de Mahazoarivo.
Il se chuchote que le nouveau gouvernement devrait être connu avant la fin de semaine. Rien n’est certain pour autant. Une impatience croissante se ressent pourtant au sein de l’opinion publique dans l’attente de la team Rajaonarison. Surtout que des dossiers pendants attendent une prise en main rapide par les futurs ministres. Le premier en lice est celui concernant les opérations de relèvement et de reconstruction de la ville de Toamasina et de ses environs, détruits par le cyclone Gezani.
Lors de son dernier déplacement sur place, le 7 mars, juste avant le limogeage de la précédente équipe gouvernementale, le colonel Michaël Randrianirina, président de la Refondation de la République, a indiqué que l’État se désengage désormais des actions d’urgence. Qu’il oriente ses efforts dans la reconstruction. Cependant, les cris de détresse des familles sinistrées de Toamasina continuent de résonner.
Une Unité de coordination a été mise en place pour la reconstruction de Toamasina. Néanmoins, des relais auprès des décideurs ministériels pourraient s’avérer nécessaires étant donné qu’il s’agit d’un challenge multisectoriel. Par ailleurs, à s’en tenir aux explications présidentielles du 7 mars, « cette unité constitue un instrument opérationnel (...) ». Elle est chargée de coordonner l’ensemble des initiatives publiques et des contributions des partenaires techniques et financiers.
Grands dossiers
De prime abord, le volet planification et négociation avec les partenaires pour les appuis financiers dans la reconstruction post-cyclonique relève donc de l’Exécutif, notamment du gouvernement. Dans la liste des chantiers en attente d’une prise en main rapide figure aussi la réhabilitation des routes nationales, fortement endommagées par les intempéries de ces derniers mois. Il y a, du reste, la question de la gestion de l’approvisionnement en carburant, face à la crise mondiale qui s’enlise.
Un retour des coupures de courant, ainsi que de l’approvisionnement en eau, est constaté dans plusieurs quartiers de la capitale et de ses environs. S’agissant d’Antananarivo, justement, la question de l’administration de la ville sera un des grands dossiers politiques et administratifs qui attendent le futur gouvernement. Au regard de la conjoncture, l’Exécutif devrait opter pour la mise en place d’une délégation spéciale.
Une prise de décision rapide s’impose pour reprendre la main sur la gestion des affaires municipales dans la capitale. L’amoncellement des ordures, l’anarchie et les rues cahoteuses sont des indicateurs d’une situation d’urgence. Concernant les échéances politiques, le nouveau gouvernement devra être pleinement opérationnel avant les grands rendez-vous des concertations nationales.
La première grande échéance des concertations étant celle sur la refondation de la gouvernance électorale, prévue pour démarrer en avril. L’enjeu du respect du chronogramme indiqué dans le Programme de la Refondation de la République est le respect du délai de vingt-quatre mois imparti pour la Transition. Outre le flottement dans la conduite des affaires étatiques, le temps d’attente du gouvernement est aussi propice aux surenchères motivées par des pratiques politiques malsaines en coulisse.
Après l’épisode de la sélection du Premier ministre, les associations et entités politiques multiplient les déclarations de soutien à des ministres sortants ou bien pour dresser un profil du ministre idéal. Certains vont jusqu’à réduire le rôle d’un ministre à la gestion des ressources humaines et au fonctionnement d’un ministère. Il s’agit pourtant de mener les actions ministérielles pour le bon fonctionnement de son domaine d’attribution, pour l’intérêt public, et en les harmonisant avec la politique générale de l’État.
Garry Fabrice Ranaivoson
